Au programme
  1. La SASU correspond-elle à votre projet ?
  2. Quel capital prévoir et comment le déposer ?
  3. Que prévoir dans les statuts ?
  4. Quels frais prévoir pour la création ?
  5. Comment déposer le dossier d’immatriculation ?
  6. Quelles décisions prendre après l’immatriculation ?
  7. Questions fréquentes

Créer une SASU ne se résume pas à remplir un formulaire : il faut d’abord définir l’activité, les règles de fonctionnement et le financement de la société. Ces choix influencent ensuite les statuts, le coût de constitution et votre organisation de dirigeant. La démarche ci-dessous suit l’ordre utile, du cadrage du projet au suivi de la demande d’immatriculation, en distinguant les règles propres à la SASU des options qui dépendent de votre situation.

La SASU correspond-elle à votre projet ?

La société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) est une société commerciale constituée par un associé unique, personne physique ou morale. Elle permet donc d’exercer seul dans le cadre d’une société, avec un président qui la représente. Selon la fiche dédiée de Service-Public Entreprendre sur la SASU, l’associé unique détermine largement son organisation dans les statuts ; certaines activités réglementées restent toutefois soumises à des conditions particulières.

Avant de choisir cette forme, comparez les obligations d’une société avec celles d’une entreprise individuelle et estimez le coût de gestion récurrent, pas seulement celui de la création. La SASU peut convenir si vous voulez distinguer la société de votre personne et encadrer le fonctionnement par des statuts. La responsabilité de l’associé est en principe limitée à ses apports, mais cela ne supprime pas les obligations de dirigeant ni les éventuels engagements personnels consentis, par exemple auprès d’un créancier.

Le choix dépend également de votre façon de vous rémunérer et de votre projet à moyen terme. Une activité exercée seul n’impose pas automatiquement la SASU : comparez les conséquences pratiques des formes possibles, notamment sur le régime social du dirigeant, avant de retenir une structure. Pour les autres sujets de gestion et de création, retrouvez les repères sur l’entreprise.

Quel capital prévoir et comment le déposer ?

Le capital social correspond aux apports qui constituent une partie des ressources de la société. Pour une SASU, son montant est librement fixé dans les statuts et le minimum peut être de 1 €. Ce seuil juridique n’est pas un budget de fonctionnement : établissez plutôt une prévision des dépenses de démarrage, du besoin de trésorerie et des premiers encaissements. Un capital très faible peut laisser la société sans ressources suffisantes et être peu adapté à ses engagements.

Les apports en numéraire sont des sommes d’argent ; les apports en nature sont des biens, par exemple du matériel ou un véhicule. Un apport en industrie correspond à un savoir-faire ou à un travail et ne forme pas le capital social. Selon les règles de dépôt du capital exposées par Service-Public, au moins la moitié des apports en numéraire doit être versée lors de la constitution. Le reste doit être libéré dans les cinq ans suivant l’immatriculation. Gardez une trace du dépôt et de l’attestation remise, qui fera partie des pièces utiles au dossier.

Pour un apport en nature, vérifiez si son évaluation doit être confiée à un commissaire aux apports ou si une dispense peut s’appliquer. Cette question dépend des conditions prévues et de la composition des apports : ne déduisez pas une dispense du seul fait que vous êtes associé unique. La valeur retenue, les apports et leur répartition doivent être cohérents avec les statuts et les justificatifs disponibles.

Que prévoir dans les statuts ?

Les statuts fixent les règles de fonctionnement de la société. Préparez notamment sa dénomination, son siège social, son objet, sa durée, le montant du capital, les apports, les modalités de direction et les décisions réservées à l’associé unique. L’objet social doit décrire les activités réellement envisagées avec assez de précision pour éviter qu’il soit trop étroit, sans annoncer des activités que la société ne prévoit pas d’exercer.

Portez une attention particulière aux pouvoirs du président, à la manière de consigner les décisions de l’associé unique et aux règles applicables si un autre associé entre plus tard au capital. Une rédaction imprécise peut compliquer les décisions futures ; une modification des statuts demande ensuite une décision formalisée et des démarches de mise à jour. Conservez une version signée et vérifiez que les informations concordent avec les justificatifs et le formulaire d’immatriculation.

Quels frais prévoir pour la création ?

Le budget de constitution comprend des frais administratifs et de publication, auxquels peuvent s’ajouter des dépenses de rédaction, de dépôt ou d’accompagnement. En 2026, la fiche officielle sur le coût des formalités de création d’une société indique 33,83 € pour l’immatriculation d’une société commerciale et 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs. Ces montants réglementaires ne comprennent pas la publication de l’annonce légale.

Pour une constitution de SASU en 2026, le tarif forfaitaire hors taxes de l’annonce légale est de 142 € en France métropolitaine, ainsi qu’en Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Wallis-et-Futuna. Il est de 167 € hors taxes à La Réunion et à Mayotte. Le barème officiel de Service-Public sur les tarifs des annonces légales en 2026 distingue donc le département de publication. Vérifiez le total applicable à votre situation et ajoutez, le cas échéant, les frais de rédaction des statuts ou d’autres prestations choisies.

Un budget réaliste ne s’arrête pas aux formalités. Prenez en compte les coûts de tenue comptable, d’assurance si elle est nécessaire pour l’activité, de compte bancaire et de fonctionnement. Ces postes ne sont pas identiques pour toutes les entreprises. Faites la différence entre les frais obligatoires de constitution, les dépenses nécessaires à l’activité et les services facultatifs afin de ne pas confondre un tarif réglementé avec un coût global.

Comment déposer le dossier d’immatriculation ?

Une fois les statuts établis, le capital déposé et l’annonce publiée, préparez les justificatifs correspondant à votre situation : statuts signés, justificatif de domiciliation, attestation de dépôt des fonds, attestation de parution et éléments relatifs au président, entre autres. La liste exacte peut varier en fonction des informations déclarées et des caractéristiques de la société. Vérifiez chaque pièce, son format et la cohérence des noms, adresses et dates avant l’envoi.

La formalité de création se réalise sur le Guichet unique des formalités des entreprises. Sélectionnez la forme SASU et remplissez les rubriques demandées, puis joignez les pièces justificatives. Relisez le récapitulatif : une erreur dans l’activité déclarée, l’adresse ou l’identité du dirigeant peut entraîner une demande de régularisation. Valider le dossier à l’écran ne suffit pas nécessairement à finaliser la démarche ; suivez les étapes de signature et de paiement indiquées par le portail.

Après l’envoi, suivez le statut du dossier et répondez aux éventuelles demandes de correction dans l’espace prévu. Une fois la demande validée par l’autorité compétente, la société est immatriculée. Archivez les documents de constitution et les preuves de paiement, et vérifiez que les informations enregistrées correspondent à celles que vous avez déclarées.

Quelles décisions prendre après l’immatriculation ?

L’immatriculation ne met pas fin aux obligations de gestion. Organisez le suivi comptable et les décisions de l’associé unique, séparez clairement les opérations de la société de vos dépenses personnelles et conservez les justificatifs. Si vous rémunérez le président, prévoyez le traitement social et fiscal correspondant ; les dividendes obéissent à des règles distinctes et ne remplacent pas automatiquement une rémunération.

Pensez aussi au régime fiscal. La SASU relève par défaut de l’impôt sur les sociétés. Une option temporaire pour l’impôt sur le revenu peut être envisagée uniquement si la société remplit les conditions prévues ; vérifiez-les au moment de la décision plutôt que de présumer que l’option est ouverte à toutes les SASU. Le choix fiscal dépend notamment de la situation de la société et du foyer de l’associé : il mérite une comparaison chiffrée établie à partir de données propres à votre activité.

Enfin, anticipez les changements possibles : évolution de l’activité, entrée d’un associé, déménagement ou arrêt de la société. Si le projet prend fin, les formalités de cessation et de fermeture doivent être traitées selon la situation de l’entreprise ; les étapes à prévoir figurent dans les démarches de fermeture d’une SASU.

Questions fréquentes

Peut-on créer une SASU avec un capital de 1 € ?

Oui. Le capital est librement fixé dans les statuts et peut commencer à 1 €. Ce montant légal ne signifie pas qu’il suffira à financer le démarrage : estimez les achats, frais fixes et éventuels délais avant les premiers encaissements, puis choisissez un capital cohérent avec les besoins et la crédibilité financière recherchée.

Le président de SASU peut-il ne pas se verser de salaire ?

Oui, les fonctions de président peuvent être exercées sans rémunération. En l’absence de rémunération au titre du mandat, il n’y a pas de cotisations sociales dues sur cette rémunération, mais le président ne bénéficie pas de protection sociale liée à un salaire au titre de ce mandat. Examinez votre couverture par ailleurs et la trésorerie de la société avant de décider.

Une SASU peut-elle devenir une SAS ?

Oui. La SASU comporte un associé unique ; si un nouvel associé entre au capital, la société devient une SAS. Il faut alors vérifier les statuts, organiser les droits attachés aux actions et tenir compte des formalités correspondant à l’opération. Prévoyez dès la rédaction des statuts des règles de fonctionnement adaptées à une éventuelle ouverture du capital.

Quel est le délai pour libérer le reste du capital en numéraire ?

Lors de la constitution, vous devez verser au moins la moitié des apports en numéraire. Le solde peut être versé ultérieurement, dans le délai légal prévu après l’immatriculation. Inscrivez cette échéance dans votre suivi financier et vérifiez les modalités applicables à votre dossier avant de signer.