Au programme
  1. Affichage physique ou information par tout moyen : quelle différence ?
  2. Quelles informations prévoir selon le nombre de salariés ?
  3. Comment calculer l’effectif à retenir ?
  4. Quels délais faut-il intégrer au calendrier ?
  5. Comment vérifier que votre dispositif est à jour ?
  6. Questions fréquentes

Quand vous embauchez, un panneau dans les locaux ne suffit pas toujours à couvrir vos obligations d’information. Certains éléments doivent être affichés à un endroit accessible ; d’autres peuvent être transmis par un autre moyen adapté, comme un intranet. Le seuil d’effectif peut aussi ajouter des informations à communiquer. Pour organiser vos démarches en matière d’entreprise, commencez par distinguer ces modes de communication, puis vérifiez les règles applicables à votre effectif et à votre activité.

Affichage physique ou information par tout moyen : quelle différence ?

L’expression « affichage obligatoire » recouvre deux pratiques. Pour les informations dont la réglementation impose l’affichage, vous devez les rendre visibles sur le lieu de travail, à un endroit facilement accessible aux salariés. Un panneau bien placé peut convenir, à condition que les mentions soient lisibles, à jour et disponibles dans les locaux concernés. Un document rangé dans un bureau ou transmis uniquement à une personne ne répond pas à cette logique.

D’autres informations peuvent être communiquées « par tout moyen ». Un intranet, une note accessible aux salariés ou une communication individuelle peuvent alors être envisagés, sous réserve que chacun puisse effectivement prendre connaissance de l’information. Le moyen choisi doit être adapté aux conditions de travail : un intranet ne constitue pas une solution pratique pour un salarié qui n’y a pas accès dans le cadre de ses fonctions.

La fiche officielle des obligations distingue précisément les mentions à afficher de celles qui peuvent être diffusées autrement. Elle classe aussi les obligations selon trois tranches d’effectif, jusqu’à 10 salariés, de 11 à 49 et à partir de 50 salariés, comme l’indique la liste officielle des affichages et informations à communiquer. Cette distinction est utile pour construire une liste de contrôle : ne remplacez pas un affichage exigé par une simple publication numérique et ne multipliez pas les panneaux lorsque la règle autorise d’autres moyens.

Quelles informations prévoir selon le nombre de salariés ?

Jusqu’à 10 salariés, plusieurs informations doivent notamment être affichées : les coordonnées de l’inspection du travail compétente, celles du service de prévention et de santé au travail, les numéros des secours, les consignes de sécurité, les horaires collectifs lorsque l’organisation du travail le requiert, ainsi que les interdictions de fumer et de vapoter dans les lieux concernés. Les conditions d’accès et de consultation du document unique d’évaluation des risques professionnels doivent également être indiquées. D’autres informations, dont les textes relatifs à l’égalité professionnelle ou à la lutte contre les discriminations, relèvent d’une communication par tout moyen.

Entre 11 et 49 salariés, le socle demeure, mais des éléments supplémentaires entrent en jeu. Il faut notamment communiquer la procédure des élections du comité social et économique (CSE), le comité qui représente les salariés, ainsi que le procès-verbal de carence lorsqu’il y en a un. La liste nominative des membres du CSE et leur emplacement habituel de travail doivent être affichés. Les informations relatives au harcèlement sexuel incluent aussi les coordonnées du référent désigné parmi les membres du CSE.

À partir de 50 salariés, certaines informations supplémentaires s’ajoutent, notamment celles relatives à l’Index de l’égalité professionnelle et, dans certaines situations, au plan de sauvegarde de l’emploi. Le règlement intérieur fait partie des obligations à examiner, mais son seuil ne s’apprécie pas simplement en regardant l’effectif d’un jour donné : il faut vérifier le maintien du seuil et le délai applicable.

La forme juridique ne suffit pas à déterminer vos obligations. Si vous êtes micro-entrepreneur, l’absence de société ne vous dispense pas des règles d’employeur lorsque vous recrutez. En revanche, les obligations d’affichage ne remplacent pas vos démarches fiscales : la déclaration de TVA en micro-entreprise relève d’un sujet distinct.

Comment calculer l’effectif à retenir ?

N’utilisez pas automatiquement le nombre de personnes présentes dans les locaux le jour où vous préparez vos panneaux. Le calcul dépend de l’obligation concernée. Pour certaines règles du Code du travail, les salariés à temps partiel sont comptés au prorata de leur durée contractuelle. Les salariés en contrat à durée déterminée et les intérimaires sont généralement pris en compte au prorata de leur présence au cours des 12 mois précédents ; des exceptions existent, notamment pour le remplacement d’un salarié absent.

La distinction entre effectif « droit du travail » et effectif « sécurité sociale » est importante : leurs règles de décompte ne sont pas nécessairement les mêmes. La fiche de l’administration consacrée au calcul des effectifs précise, par exemple, le traitement des temps partiels, des CDD et des travailleurs temporaires. Avant de retenir un seuil pour une obligation précise, vérifiez la règle associée à cette obligation plutôt que d’appliquer un décompte général.

Le règlement intérieur illustre l’importance des délais. Son établissement est obligatoire à partir de 50 salariés, mais le seuil doit être atteint pendant 12 mois consécutifs. L’obligation s’applique à la fin d’un délai de 12 mois à compter de la date à laquelle le seuil a été atteint. Ainsi, le franchissement ponctuel du seuil ne signifie pas que vous deviez afficher immédiatement un règlement intérieur. Les conditions et formalités sont détaillées dans la fiche officielle sur le règlement intérieur.

Quels délais faut-il intégrer au calendrier ?

Certaines communications sont liées à une échéance et doivent être anticipées. Pour les congés payés, la période de prise des congés doit être portée à la connaissance des salariés deux mois avant son ouverture. L’ordre des départs doit, lui, être communiqué un mois avant le départ. Ces informations peuvent être communiquées par tout moyen : la règle porte ici sur la disponibilité de l’information et son calendrier, pas sur l’obligation de l’imprimer sur un panneau.

Les modifications d’horaires, les périodes de repos et les informations relatives à la durée du travail nécessitent également une vérification selon l’organisation mise en place et les règles applicables. Si l’entreprise organise le travail par équipes, relais ou roulement, des mentions spécifiques peuvent être requises. Préparez un calendrier qui associe à chaque information son responsable, son support, son public et, lorsqu’il existe, son délai.

Pour le règlement intérieur, distinguez l’obligation de le rédiger de sa diffusion. Lorsqu’il est requis, l’employeur doit notamment le déposer auprès du greffe du conseil de prud’hommes compétent, le transmettre à l’inspection du travail en deux exemplaires avec l’avis du CSE, et le porter à la connaissance des personnes concernées. Sa date d’entrée en vigueur doit se situer au moins un mois après les formalités de publicité. Ces délais s’ajoutent à la période de maintien du seuil : un seul calcul ne suffit donc pas à déterminer la date de mise en œuvre.

Comment vérifier que votre dispositif est à jour ?

Procédez par établissement et par lieu de travail : les salariés doivent pouvoir accéder aux informations qui les concernent. Pour chaque élément, notez le contenu exact à communiquer, le mode admis, la personne chargée de la mise à jour et le moment où il faut le revoir. Vérifiez notamment les coordonnées des interlocuteurs, les horaires réellement pratiqués, les consignes de sécurité, l’accès au document unique et la composition du CSE lorsqu’il existe.

Conservez une trace de la diffusion des informations qui ne sont pas affichées : version de la note, date d’envoi ou emplacement sur l’intranet, par exemple. Cette organisation facilite les mises à jour et permet de vérifier qu’un salarié peut réellement consulter le contenu. Pour un panneau, contrôlez aussi sa visibilité et retirez les versions périmées ; pour un support numérique, vérifiez les droits d’accès et la disponibilité dans la durée.

Enfin, ne partez pas du principe qu’un défaut d’affichage entraîne une sanction unique applicable à toutes les situations. Les obligations, leurs fondements et leurs conséquences diffèrent selon l’information concernée et les circonstances. En cas de doute sur un seuil, un délai ou un contenu particulier, vérifiez le texte correspondant et les informations administratives à jour avant de conclure que votre dispositif est complet.

Questions fréquentes

Un affichage obligatoire peut-il être remplacé par un intranet ?

Pas dans tous les cas. Lorsque la règle prévoit un affichage, un intranet seul ne le remplace pas. En revanche, de nombreuses informations peuvent être communiquées « par tout moyen » : un intranet peut alors convenir si les salariés concernés y ont effectivement accès. Vérifiez le mode indiqué pour chaque information, plutôt que d’appliquer une solution unique à toute la liste.

Les obligations d’affichage concernent-elles une micro-entreprise ?

Elles concernent l’employeur qui a des salariés, quelle que soit la forme de son activité. Une personne qui exerce seule, sans salarié, n’a pas à mettre en place les affichages destinés à informer des salariés. Dès une embauche, il faut examiner les obligations d’employeur. Les démarches liées à la TVA sont distinctes de ces obligations.

Quand faut-il afficher les congés payés ?

La période de prise des congés doit être communiquée au moins deux mois avant son ouverture. L’ordre des départs doit être communiqué au moins un mois avant le départ. Ces délais figurent dans la liste des obligations d’information des salariés ; anticipez donc la communication plutôt que d’attendre la première demande de congé.

Quelles règles s’appliquent au règlement intérieur ?

Il est obligatoire dans les entreprises et établissements de droit privé ainsi que les établissements publics industriels et commerciaux atteignant 50 salariés pendant 12 mois consécutifs. Il doit être porté à la connaissance des personnes ayant accès aux lieux de travail ou aux locaux d’embauche, par affichage ou par un autre moyen, comme l’intranet.